Pour Alexis, tout s’est déroulé comme dans un rêve. Il est venu à bout de Darko Jorgic en quatre manches. Face au Slovène, trois fois vainqueur ici à Montreux, mais qu’il avait déjà battu l’an dernier en finale, Alexis n’a pas tremblé.
Le plus dur, il l’a fait en quart face à son compatriote Simon Gauzy où il a dû sauver une balle de match. Comme à son habitude, il est parti très vite en imposant son rythme.
Après avoir gagné les deux premiers sets 11-6, 11-6, il a connu une petite baisse de régime. « J’ai moins lâché mes coups, peut-être la peur de gagner. Mais après cette manche perdue, j’ai retrouvé mon rythme et je suis super content de m’être imposé ».
Il remporte ainsi son deuxième Top 16 et rien ne dit qu’il s’arrêtera là.
Chez les femmes, Bernadette Szocs s’attendait à un match compliqué mais ne prévoyait sûrement pas de vivre un tel enfer : 11-4, 11-4, 11-4. Elle n’avait pas de solution face au jeu de la nouvelle reine de Montreux : Sabine Winter.
L’Allemande, tête de série numéro 1, a remporté son premier Top 16 avec brio. Elle s’est baladée, déroutant ses adversaires avec un style aussi atypique qu’efficace.
Sabine Winter utilise un anti-top spécial en revers qui perturbe et paralyse le jeu de l’adversaire, une arme absolue à Montreux. Bernadette Szocs, gagnante du Top 16 en 2019, comme Ying Han, spécialiste du jeu défensif, n’ont pas eu la moindre chance.
De plus, Sabine Winter possède un coup droit fulgurant et chirurgical. Si l’on ajoute un mental de fer et une vitesse de déplacement hallucinante, on a le portrait d’une joueuse exceptionnelle. La gagnante du Top 16 !
Et puis, un coup de chapeau aux deux vainqueurs qui ont trouvé une manière originale de fêter leur sacre : Alexis et Sabine se sont jetés dans les eaux glaciales du Léman !
Bernard Heimo
Dans une salle comble, les frères Lebrun ont à nouveau fait le show. C’était le match que tout le monde espérait et il a eu lieu en demi-finale. On ne saura jamais vraiment ce qui se passe dans la tête de Félix et d’Alexis lorsqu’ils se rencontrent. En tout cas, ils jouent à fond et ne se font aucun cadeau.
Alexis s’est immédiatement montré très agressif, réussissant des attaques incroyables, remportant la première manche 11-9. Il n’allait plus s’arrêter. Ses coups d’une puissance inouïe faisaient plier son frère qui perdait le deuxième set 11-6.
Mené 7-5 dans le troisième, Félix demandait le soutien du public. Dans une ambiance de folie, il retrouvait quelques couleurs et revenait à égalité. L’espoir ne dura que quelques instants : tel un bulldozer, Alexis finissait le travail 11-9.
Le voici donc à un match d’un deuxième titre à Montreux. Il retrouvera en finale, comme l’an passé, Darko Jorgic qui n’a pas connu de problèmes face à l’Allemand Benedikt Duda.
Petite surprise chez les dames. En demi-finale, la muraille Ying Han, gagnante à trois reprises du Top 16, s’est complètement lézardée. Elle a été abattue par les puissants coups droits de Sabine Winter.
En pleine confiance, la numéro 1 européenne a laminé sa compatriote qui paraissait complètement perdue : 11-8, 11-5, 11-9. Avec son anti-top en revers et son jeu basé sur un coup droit dévastateur, Sabine Winter n’a pas fini de poser des problèmes souvent insolubles à ses adversaires.
En finale, elle retrouvera la Roumaine Bernadette Szocs qui a battu sans difficultés la Française Jia Nan Yuan en quatre manches.
« Je connais le jeu de Sabine et je m’attends à un match compliqué. Je me suis bien préparée et j’ai confiance en moi. »
Bernard Heimo
Une expression utilisée à toutes les sauces. Il y avait la cuisine, l’art de vivre, l’élégance. Il y a maintenant le ping !
Les frères Lebrun bien sûr et puis, un peu derrière, Simon Gauzy. Tout le monde admire son jeu et son incroyable revers. 11ème européen et 17ème mondial; son palmarès ne manque pas d’allure, notamment avec une médaille de bronze par équipe aux JO de Paris.
Qu’allait-il pouvoir faire face à Alexis Lebrun dans un quart de final alléchant ?
Ce match a été un véritable chef d’œuvre; une bataille de tous les instants. Se rendant coup pour coup, ils ont fait vibrer une foule en délire. Un Gauzy sans le moindre complexe remportait la première manche avec autorité 11-7. Alexis égalisait à une manche partout. Pas de quoi perturber Simon Gauzy qui reprenait l’avantage avant de perdre la quatrième manche 11-2.
Il fallait donc disputer un cinquième set. Allant chercher au plus profond d’eux-mêmes, les deux Français ont joué à un incroyable niveau. C’est finalement Alexis qui s’imposa sur le score de 14-12 au bout d’un suspense haletant.
Il retrouvera donc son frère Félix dans une demi- finale forcément explosive.
L’autre demi-finale ne manquera pas d’allure opposant le triple vainqueur de Montreux Darko Jorgic au redoutable Allemand Benedikt Duda.
Chez les dames, l’Allemande Ying Han s’est qualifiée très difficilement face à la Portugaise Fu Yu. Dans cette partie d’échecs entre deux défenseuses Ying Han a su se montrer plus solide et…patiente. Elle affrontera sa compatriote Sabine Winter.
L’autre demi -finale verra s’affronter la Française Jia Nan Yuan à la toujours redoutable Roumaine Bernadette Szocs.
Bernard Heimo
Bernard Heimo
On l’attendait, Truls Moregard, tête de série numéro 1, vainqueur du Grand Slam de Malmö et 4ème mondial. On attendait qu’il nous enchante, on rêvait peut-être de bagarres avec les Lebrun.
Mais le fantasque Suédois est un joueur à part : il est capable de tout et avec lui c’est souvent l’ombre ou la lumière. Face à Marcos Freitas, le vétéran Portugais de 37 ans, ce fut plutôt l’ombre.
Peu à l’aise, il n’a pas démontré son aisance habituelle et a été perturbé par le jeu solide de son adversaire. Il s’est incliné en quatre manches et il devra encore patienter avant d’inscrire son nom au palmarès du Top 16.
Enfin il est là ; celui qui avec son frère a su redonner un nouveau souffle au tennis de table. Felix Lebrun, actuellement 6ème mondial, entre en piste contre Alvaro Robles.
Issu des qualifications, l’Espagnol occupe quand même le 15ème rang européen et pourtant… Face à Félix, il n’a rien pu faire, si ce n’est admirer le talent du Français.
11-4 11-8 11-7, une véritable master class. Services d’une efficacité effrayante, puissance et douceur dans le toucher de balle. Tout y était, on attend la suite avec impatience.
Alexis Lebrun a imité son frère face au jeune Roumain Eduard Ionescu. 11-4 11-5 11-7 pour prendre une revanche sur ce joueur qui l’avait déjà battu.
Un match parfait pour se mettre en confiance avant de retrouver son compatriote Simon Gauzy en quart de finale.
Chez les femmes, le duel entre Annett Kaufmann, l’attaquante spectaculaire, et Ying Han, sans doute la meilleure défenseuse du monde, a été de toute beauté.
Les deux Allemandes se sont livrées un combat sans merci, une partie d’échecs d’une folle intensité. Ying Han a gagné les deux premières manches avant de céder les deux suivantes.
Son expérience a eu raison de la fougue de son adversaire. Elle sera bien difficile à battre.
Bernard Heimo
Les choses sérieuses ont vraiment commencé. Journée marathon au Top 16 avec les huitièmes de finale. Les meilleurs hommes et femmes s’affrontent dans de somptueux duels qui ne peuvent que ravir les fans. Près de 12 heures de fureur, de passion.
Il y a quelque chose de fascinant à suivre ces virtuoses constamment sur un fil. C’est le Slovène Darko Jorgic qui a ouvert les feux face au Danois Jonathan Groth. Le triple vainqueur du Top 16 et finaliste l’an dernier a gagné en quatre manches.
Après avoir perdu la première 14-12, il a pu dérouler son jeu et se qualifier sans difficulté pour la suite.
La première surprise du vendredi a été enregistrée chez les dames avec la victoire de Maria Xiao sur Elizabeta Samara, finaliste l’an dernier. Cinq manches d’un suspense à couper le souffle.
Le point de bascule de cette partie épique se situe dans le troisième set remporté 24-22 (comme au bon vieux temps) par l’Espagnole Maria Xiao. Chaque joueuse sauvant tour à tour balle de set ou balle de match dans une ambiance électrique.
La Roumaine, visiblement marquée et agacée, a fini par s’incliner 11-7.
De son côté, Anders Lind, 10ième européen, a réalisé une superbe prestation quasi parfaite face à Dimitrij Ovtcharov. Le fantasque Danois a émerveillé le très nombreux public.
Son jeu agressif, ses attaques dans toutes les positions et un revers magique ont laminé Ovtcharov 11-7 11-8 11-9. Excusez du peu !
Les virtuoses du ping n’ont pas fini de nous enchanter…
Bernard Heimo
Jolie surprise avec un joueur Suisse que l’on n’attendait pas forcément à ce niveau. Pour sa première apparition au Top 16, Pedro Osiro, 24 ans, a fait souffler une lueur d’espoir lors des qualifications même s’il a été battu par l’Espagnol Alvaro Robles.
Face à un joueur expérimenté, classé au 15ième rang européen, il a osé, et a même réussi à gagner la première manche 11-9. Classé au 417ième rang européen, il a laissé la peur au vestiaire et a su se libérer.
Agressif, il a même eu deux balles de troisième manche, malheureusement il n’a pas su les convertir et c’est son seul regret. Pedro Osiro gardera tout de même un excellent souvenir de cette aventure et surtout des espoirs.
« C’est une belle expérience de jouer ici et de côtoyer de tels joueurs. J’ai eu ma chance et j’ai tout donné. Je n’étais pas si loin même si le chemin est encore long ».
Il restera jusqu’à dimanche pour profiter du spectacle.
Parmi les qualifiés pour le tableau principal, pas de révolution.
Chez les dames, Annett Kaufmann, 16ième européenne, a remporté ses deux matches avec panache et un jeu très spectaculaire. À 19 ans, elle possède déjà un joli palmarès avec notamment un titre de championne d’Europe par équipes conquis l’an dernier avec l’Allemagne.
Dans le monde un peu policé du tennis de table, elle amène un peu de couleurs. Exubérante, elle crie, elle parle et ne cache pas ses émotions. Par ses attitudes et son talent, elle fait un peu penser à Aryna Sabalenka, la numéro 1 mondiale en… tennis.
La Française de 20 ans Charlotte Lutz, tombeuse de Rachel Moret, a obtenu avec brio le deuxième ticket qualificatif.
Chez les hommes, après de belles batailles, ce sont l’Espagnol Alvaro Robles et le Croate Tomislav Pulcar qui ont obtenu le droit de continuer leurs parcours.
Place au tableau final. SHOWTIME
Bernard Heimo
C’est parti pour cette nouvelle édition du Top 16. Ils sont tous là, le gratin du tennis de table européen est à Montreux. Les balles claquent, fusent. La salle d’entraînement vibre déjà d’une incroyable énergie. Tout le monde a envie d’en découdre et de prendre un bon départ.
Les femmes ont ouvert les feux lors de cette journée de qualifications pour le tableau principal. Tout le monde attendait les débuts de Rachel Moret, la numéro 1 helvétique. Affronter la Française Charlotte Lutz, 17 européenne, n’était pas une mince affaire.
« À ce niveau il n’y a pas de bon ou de mauvais tirage, il faut tout donner. Je ne l’ai plus jouée depuis 3 ans et je n’ai jamais gagné contre elle ».
Après un bon échauffement à côté de Truls Moregard, la Suissesse faisait son entrée dans l’arène. Hélas, on a vite compris que ce serait mission impossible. Rapidement menée 6-1 puis 8-2, elle perdait la première manche 11-5 en 4 petites minutes.
La deuxième manche était un copié-collé : 11-4. L’espoir n’a pas duré longtemps malgré une entame réussie du dernier set, 2-0 pour Rachel. Charlotte Lutz marquait alors 7 points consécutivement et gagnait 11-5.
L’appui du public n’a guère pu aider une Rachel qui n’avait pas les clés pour gêner son adversaire, concentrée et appliquée. Après être restée seule une vingtaine de minutes dans son vestiaire, elle analysait cette drôle de rencontre avec une certaine tristesse.
« Il n’y avait pas grand-chose à faire, son jeu m’a toujours posé des problèmes ; en plus elle n’était même pas ennuyée par mon service. Elle était trop forte, c’est frustrant. J’avais des ambitions et quand on se présente à la table, c’est toujours avec l’envie de gagner ».
Bernard Heimo